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Libre expressionLes changements d’algorithme vont-ils tuer Facebook ? (Spoil : Non)
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Les changements d’algorithme vont-ils tuer Facebook ? (Spoil : Non)

L’annonce qui a fait trembler les Community managers.

Mark Zuckerberg, fondateur CEO de Facebook, a annoncé récemment un virage majeur pour les activités du réseau social. Ainsi, dès l’année 2018, les équipes de Facebook s’attèleront à modifier l’algorithme de recommandation du contenu pour mettre en avant davantage les publications de nos proches et amis. Cette nouvelle était pressentie depuis quelques temps dans le milieu des professionnels du digital marketing (Community managers entre autres), à la vue de tests réalisés dans certains pays.

Comme nous le savons tous, Facebook a su, au fil des années, se hisser à une position incontournable de la publicité digitale. La plateforme est devenue une opportunité incroyable pour les marques d’agréger autour de leurs pages « vitrines » des communautés de « fans » qualifiés et intéressés par la marque et ses produits. Ainsi, les pages qui jouaient le jeu du Brand content bénéficiaient d’importantes retombées en termes de visibilité, via la portée organique (donc gratuite) des pages publiques.

Ce revirement de la part du réseau social signifie notamment que cette visibilité acquise gratuitement (à l’exception des frais de production du contenu) sera fortement amoindrie dans les mois et années à venir. Cela ne signifie pas pour autant la fin de la publicité sur Facebook pour les marques, puisqu’il est toujours possible de bénéficier d’un excellent ciblage hyper-qualifié ainsi que d’une portée importante en sponsorisant des posts. 

Une stratégie long terme de la part de  Facebook ?

Il est possible d’interpréter cette nouvelle étape de la relation entre Facebook et les marques de la façon suivante : Ces 10 dernières années, les algorithmes de visibilité étaient en train d’être développés, testés et affinés. Pendant cette période, les marques pouvaient bénéficier d’une visibilité à des prix incroyablement bas (voire nuls) si elles acceptaient de jouer le jeu en se positionnant sur ce média émergeant. Puis, le média gagnant en crédit avec le temps, le monde de la communication s’est tourné davantage vers Facebook, intégrant ce nouveau média comme un outil à part entière des stratégies de communications modernes. En quelque sorte, la visibilité gratuite a été le produit d’appel de Facebook, afin de s’établir et de se rendre indispensable à la communication digitale. Puis, la véritable offre de Facebook, qui se résume à une plateforme de publicité hyper-ciblée et aux coûts attrayants, s’est révélée à tous les annonceurs comme une alternative viable à la publicité classique. Aujourd’hui, la visibilité gratuite va s’en aller, et les communicants, maintenant éduqués et habitués à ces nouveaux usages, vont continuer à réaliser des campagnes payantes sur le réseau social.

Quid de la presse ?

Une crainte a été soulevée rapidement par les acteurs du monde de la presse (qu’ils soient pure-players ou non) vis-à-vis de leur visibilité gratuite. En effet, les pages dites de « média » n’ont pas pour habitude de sponsoriser leurs posts (à moins que cette sponsorisation n’entre dans le cadre d’une stratégie de croissance ou de conversion). Ce changement dans le fonctionnement de l’algorithme pourrait signifier une baisse drastique de la visibilité de ces pages, menant à la fin de l’activité pour un certain nombre de titres de presse en ligne. En effet, aujourd’hui, la presse a su s’adapter à l’écosystème numérique, avec bien souvent une intégration des réseaux sociaux dans leur expérience utilisateur. En quelque sorte, on voit passer un article dans notre fil d’actualité avant d’aller sur le site du journal en cliquant sur le lien. Ce processus qui fonctionnait jusqu’ici très bien pour les journalistes va être remis en cause par les changements à venir. Heureusement, Facebook réagit avant que la polémique ne s’envenime, et annonce que des mesures seront prises spécifiquement pour permettre aux médias digitaux de continuer à exister, tout en encadrant la problématique des « Fakes news » terriblement d’actualité aujourd’hui.

Le métier de Community manager revalorisé par ces changements ?

En somme, il n’est pas possible de prédire avec exactitude les conséquences de ce changement pour le réseau social, mais il est envisageable de se projeter sur des possibles répercutions dans le métier de Community Manager par exemple. En effet, la visibilité payante va devenir indispensable aux marques pour avoir une véritable activité sur ce réseau social. Beaucoup d’entreprises qui n’investissaient pas beaucoup de moyens, car la visibilité gratuite était satisfaisante, vont être obligées d’employer de véritables professionnels pour assurer leur présence en ligne. Au lendemain de ces changements de règles, les Community managers professionnels seront donc indispensables à une stratégie de social média cohérente, ce qui demeure finalement une bonne nouvelle pour la profession.

 

Romain Courtois, étudiant SUP’DE COM en Bachelor 3ème année

Par SUP'DE COM
le 14/03/2018

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