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Libre expressionUn selfie qui tourne mal
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Un selfie qui tourne mal

D’aucuns sont adeptes de cette pratique narcissique contemporaine qui consiste à se photographier soi-même. Avant, on appelait cela un autoportrait. Encore avant, on avait des ami(e)s pour immortaliser notre plus beau profil sur des négatifs. Mais voilà qu’un jour, une perche nous est tendue et chacun se transforme en son propre paparazzo.

Une photo volée

En 2011, le photographe britannique David J. Slater se promène innocemment sur l’île indonésienne de Sulawesi, armé de son Canon EOS 1200D, il mitraille à tout-va la nature environnante. Mais voilà qu’une minute d’inattention à admirer un splendide Dragon du Komodo et un macaque d’une agilité rare lui vole son appareil photo doté d’un objectif 18-35MM. Du nom de Naruto, le singe-ninja s’enfuit vers la canopée avant de se poser et de se prendre accidentellement en photo…

Copyright, copyright pas ?

Heureux comme un coq en pâte, Naruto arbore une mine rayonnante et un sourire large comme une banane. Sur le web, la photo devient rapidement virale suite à sa large diffusion sur Wikimedia qui considère que le cliché est libre de droit, car pris par un animal. Mais qui est le véritable auteur de la photo ? Naruto a appuyé sur le déclencheur mais c’est Slater qui a fait les réglages et développé l’image. Le débat devient international, les internautes s’en mêlent, les ONG de défense des animaux comme PETA aussi et les discussions deviennent philosophiques : peut-on posséder une photographie si son auteur ignore la nature même de l’objet ?

 

Une justice tranchante

L’association PETA exige que Naruto soit reconnu comme l’auteur de la photographie et entend bien utiliser les droits au profit de la protection des macaques vivant dans la réserve indonésienne. Le 28 janvier 2014, le verdict tombe : les animaux ne peuvent pas être considérés comme des auteurs et le selfie reste libre de droit.

Son histoire sonne comme un avertissement, à l’heure où un artiste comme Richard Prince réutilise des photographies d’inconnus sur Instagram pour les exposer sous son nom.

 

Source : David J. Slater

Par Hugo Mallié
le 12/01/2017

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